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Reflexions / Lifestyle

Crise de la quarantaine

. lecture : 7 minutes . Écrit par Naty FEDERICI
Crise de la quarantaine

Des discours à 20h, des masques, des gels anti bactériens, des regroupements puis des éloignements, jusqu’aux isolements. Nous sommes en crise. La quarantaine est de mise. Le mode confinement est activé et celui de nos coeurs, plus que jamais.


Les malheurs se ruent et se jettent sur les vivants. Nous les voyons, nous les entendons, nous les soutenons. Eux. Ceux qui subissent et parfois, qui périssent sous le coup de celui qui nous a envahi. Celui qui est venu, comme une nuée épaisse et opaque, pour nous happer. Autrement dit, celui que l’on prénomme covid-19.

Je pense à eux. Les malades, les disparus, les endeuillés, les sans domiciles, les courageux, les héros. Ces héros du quotidien, ceux qui se battent pour la vie. Je pense à leurs services saturés, leur pression psychologique, leur épuisement physique, et leur prise de risque. Bravo et merci au personnel de santé. Bravo aussi à ceux qui, par obligation, occupent toujours leurs fonctions, mettant en danger leur santé, voire leur vie. Je pense aux caissiers, aux livreurs, aux agents, aux chercheurs, etc…

La situation peut sembler oppressante pour beaucoup. Je comprends. Certains se sentent prisonniers voire asphyxiés, mais relativisez, parce que d’autres ont réellement eu le souffle coupé…


Ils nous annoncent deux semaines, je crois davantage aux cinq semaines. Etre confiné c’est se retrouver seul, parfois en famille, entre amis ou en binôme. J’imagine pour ces personnes, que le temps qui leur est imposé, peut devenir une vraie chance de se découvrir. Elle peut aussi devenir une vraie chance de véritablement « rencontrer » son partenaire et de « connaitre » ses enfants. La routine de la vie telle que vous l’entendiez, se voit éclipsée. Nous voilà forcés de rester et d’affronter la vérité. Celle qui vous est donnée sans cette superficialité, sans cette frénésie, sans ces horaires imposés, ces rendez-vous et ces habitudes quotidiennes. Ça déroute, ça chamboule. L’Homme a du mal avec le changement. Il a du mal avec l’acceptation, et l’imposition. Mais l’Homme s’adapte.

C’est notamment l’occasion de se retrouver avec soi-même, chez soi. L’occasion de faire ces introspections longtemps évitées ou refoulées. De ne plus avoir à se justifier. On se plaint de ne pas avoir le temps. Aujourd’hui, on nous l’a imposé. Essayons de le rattraper, de le consommer, de le savourer. Mais évitons, surtout, de le gaspiller. Je vois là une opportunité pour certains, d’ouvrir les yeux sur eux-mêmes, sur leurs choix de vie, sur leur quotidien et leur famille. Sur leur amour, leurs sentiments et leurs connaissances.

On fera face à nos questionnements, on se retournera le cerveau jusqu’à emmêler nos pensées. On analysera le fond, la forme et les contours, de chaque coins et recoins de notre vie. Au fond, nous finirons tous philosophes…

Cela reste triste et désolant, qu’un événement aussi traumatisant soit l’élément déclencheur de cette prise de conscience collective. Mais notre système est complexe. On s’est adapté à lui, alors difficile de s’en défaire. J’ose croire, j’ose espérer, que cette situation surréaliste, rende la vue aux aveugles et réveille les endormis.

Puis dans la noirceur se cache la lueur. Dans la laideur, se cache le beau. Et ce beau, je le vois tous les jours depuis ce confinement imposé. A travers ces moments partagés éloignés. Les rires, les danses, les musiques, les baisers, les chants, les peintures, les lectures, les films, les conseils… partagés chaque jour, chaque heure. Ces photos, ces vidéos, notamment à travers les réseaux et les appels, qui deviennent aujourd’hui ces fils qui maintiennent les liens. Le bonheur se trouve véritablement dans les choses simples. Dans ces instants volés, sous-estimés, souvent dévalués et dépréciés.

Cette épreuve, révélera la nature profonde de chaque être. Nous identifierons l’humanité mais également les failles de l’autre. J’ai observé ces « batailles » pour des pâtes et quelques rouleaux de papier, j’ai entendu ces insultes dans les files d’attente, caddies à la main, j’ai regardé ces ignorants enfreindre les règles égoïstement… Mais j’ai également écouté ces chants et ces applaudissements échangés aux balcons des immeubles, j’ai assisté aux soutiens massifs apportés aux personnels soignants et aux victimes, j’ai admiré ces nouvelles pièces d’art dû à cet élan de créativité… Oui, dans cette épreuve, la nature de l’Homme se révèle. A nous de choisir le bon camp.


Cela fait bien des années que je prône cette prise de conscience et surtout, que je me l’applique au quotidien. C’est grâce à celle-ci, qu’aujourd’hui, nous sommes prêts pour ce qui arrive. La maison en forêt, dans le sud, loin de la ville et de la foule, loin des contrôles et des paniques. Une alimentation saine, basée sur la physiologie, l’écoute de son corps, et le vivant pour une santé et une défense immunitaire plus solide. Un écartement et éloignement de ce monde matérialiste et mondialiste. Des connaissances acquises sur le contrôle effectué, sur ces « prophéties » arrivées et prévues. Une philosophie basée sur l’amour, la foi et la famille. Cette mentalité de « vie imprévisible », qui peut nous surprendre à tout moment. Vivre au jour le jour. Sans lendemains certains mais aux journées acquises.

Voilà ce qui nous permet aujourd’hui, en pleine crise mondiale, de nous retrouver confinés, en famille, tous les trois, entre les pins et les montagnes, caressés par les rayons ensoleillés du matin et la brise rafraîchie du soir.

Nous sommes chanceux. Aujourd’hui, je suis d’autant plus reconnaissante de vivre recluse de la ville et de ces espaces cloisonnés. Reconnaissante surtout, d’être en bonne santé, aimée et bien entourée. Reconnaissante que ma famille et mes amis soient épargnés. Reconnaissante d’avoir fait les bons choix de vie, qui se montrent primordiaux pour la « survie » d’un être humain, tel qu’on le constate en cas de crise. L’alimentation vivante, l’air pur, la nature, la spiritualité, l’amour, la famille, le silence, la créativité, le soleil… autant d’éléments qui en réalité nourrissent notre corps et notre âme. Alors ne les sous-estimez pas, ne les sous-estimez plus.


Et puis je l’imagine. La belle, la grande. La première avant nous. Notre refuge à tous. Notre nature.  Notre Terre. Je l’imagine reprendre ses droits, ses biens, sa liberté. Je lui souhaite de se régénérer comme elle le peut durant cette pause imposée. De nous revenir un peu plus saine qu’hier, un peu plus vivante qu’aujourd’hui. J’ose l’imaginer plus verte que jamais, plus verdoyante que jamais. J’ose imaginer ces animaux reclus et camouflés, s’aventurer librement et dénués de peur un instant. L’état sauvage se réveillera, lorsque l’humain se taira.

Les Hommes peuvent être stupides, ignorants, orgueilleux. On pense avoir raison et posséder LA raison. Nous croyons en cette domination sur celle qui nous porte, qui nous supporte, depuis notre création. Nous nous sommes proclamés maitres du jeu lorsqu’en réalité nous ne sommes que de simples pions.

Alors redescendons. Ouvrons les yeux sur ses conditions. La Terre doit reprendre ses droits. Mais je n’ose croire qu’elle gardera sa liberté lorsque la nôtre nous sera redonnée. Parce que malheureux que nous sommes, l’Homme choisit majoritairement l’autodestruction à l’auto-valorisation. Cette cohésion et cette véritable cohabitation entre la nature et nous, peine à voir le jour. Alors là voilà, cette opportunité, surement prolongée, de la voir plus vivante que jamais.


Je ne vais pas vous mentir, ce confinement engendre un sentiment étrange, une perte de contrôle sur nos vies. Cette incapacité à pouvoir « sortir ». On parle de futurs divorces et de « pétages de plombs » avec les enfants à la maison… Tout cela m’attriste… C’est grave. Et la gravité dans ces propos est souvent effleurée ou ignorée. Pourtant tout est dit et résumé. L’arrêt du système classique, de cette routine « métro, boulot, dodo », peut mettre à mal les familles et les couples. Ce système nous a emprisonné bien trop longtemps dans ses rouages et ses lois du rendement et de l’argent, au détriment de l’art d’aimer, de considérer l’autre et de se considérer soi même.

L’enfant devient une charge, un poids. Le partenaire devient un ennemi, une angoisse. Alors que l'on ait besoin de temps pour soi, c’est un fait, une nécessité même que l’on doit satisfaire au mieux. Que nous ayons des ennuis de dossiers non achevés et surtout des pertes d’argent, restent une peur légitime. Mais le véritable problème, censé nous affecter aujourd’hui, n’est autre que cette épidémie meurtrière… Alors mettons « pause » sur nos soucis et nos emmerdes, lorsqu’elles ne possèdent aucun lien avec la santé. Parce qu’aujourd’hui il est question de santé, de vie et de mort. Il est question de temps. Et ce temps, est influencé par notre vision. Positive ou négative mais ce choix nous appartient. L’occasion nous est donnée de réaliser ce que l’on possède et surtout ce qui compte le plus. Ces derniers sont rarement tangibles et matériels. Alors profitons.


En réalité, cette situation fait appel à beaucoup de principes fondamentaux et fait écho à plusieurs réalités, vérités, et problèmes de société. Il y a beaucoup d’éléments à aborder en un seul texte, ce qui le rendrait bien trop dense. Mon esprit lui-même est bien trop plein pour réussir à trier tous les mots que je souhaite exposer ici. Je reviendrai donc sur des aspects que je n’ai pas présenté jusque là (ou détaillé), concernant ces questions sociétales. A l’écrit ou à l’oral (sous forme de vidéos).

L’après-crise ne m’enchante guère. Elle sera virulente et liberticide. Cette fois-ci, elle nous affectera tous, et aucun masque, ni gel, ne diminueront les risques. C’est à cet instant que l’époque du confinement nous paraitra bien jouissif et féérique… Mais j’espère qu’à la fin de ce drame, nous en ressortirons grandit. J’espère que nous tiendrons, face aux difficultés qui vont se présenter.

Cette crise en quarantaine, ne doit pas devenir une crise humaine. Restons connectés, conscients et bienveillants. Profitez, remerciez, aimez, partagez, priez. Parce qu’on ne sait pas de quoi sera fait demain. Le reste n’a plus d’importance. Le monde est en « pause », mais nous, continuons d’avancer, continuons de vivre.