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Lettre ouverte

Lettre ouverte : Mon amour

. lecture : 9 minutes . Écrit par Naty FEDERICI
Lettre ouverte : Mon amour

Aujourd’hui, j’ai eu l’envie soudaine, de vous raconter une belle histoire d’amour. Parce qu’au fond, nous aimons tous les histoires d’amour, que nous soyons romantiques ou non. Celle-ci est dédiée à celui qui partage ma vie depuis 3 ans et qui je le sais, la partagera toujours quand on relira ce texte dans 20 ans.

Une petite lettre ouverte pour toi, mon amour.

5 mai 2016.

Jour d’anniversaire de ma mère. Jour d’anniversaire de mariage de mes parents. Devenu, jour d’anniversaire de notre rencontre.

Paris. Le canal de l’Ourcq, le soleil, la peinture, l’atelier, un appareil photo, un deuxième appareil photo, mes parents, toi, moi. Une énergie, une atmosphère enthousiaste et créative, dans le partage d’idées, d’émotions et d’histoires. Un café et des discussions passionnantes. Un super feeling, un pont, une conversation téléphonique avec ma sœur, de la peinture sur le torse, le son des reflex qui mitraillent. Ce shooting ou cette rencontre, aura duré une petite après-midi. Elle continue dans la voiture pour te raccompagner à ton domicile. On continue d’échanger tous les quatre. Au cours de ces 15 minutes de trajet, tu auras quand même réussi à nous sortir « J’espère qu’un jour j’aurai des petites Naty ».

On échange nos Facebook en toute amitié, puis on te dépose, dans le 2ème arrondissement.

Deux semaines passent. Je finis mon stage parisien, ce qui signifie retour au bercail. Chacun vit sa vie. Moi en Alsace, toi à Paris. Le temps file et coule. Voilà que l’on vit tous deux une rupture : toi amoureuse, moi « sociétale ». Et oui, je décide 1 mois avant la rentrée de ne pas poursuivre mes études, d’annuler ma licence professionnelle afin de prendre une année pour moi. Pour me trouver. C’est d’ailleurs à cet instant que commence ma réflexion et remise en question de la société actuelle et ce besoin qu’elle nous « impose » de suivre un parcours similaire et préconçu pour notre futur, surtout professionnel...
Puis 4 mois passent.

Tu m’écris.

On s’écrit.

Ça dure 1 mois.

Un soir tu me proposes de t’accompagner pour ta première exposition à New York.

J’accepte.

Octobre 2016.

On se retrouve à New York.

Nous embarquons dans cette énergie électrique et créative. On erre dans les rues aux trottoirs immenses, nos têtes levées à observer ces tours immenses. On croque la grande pomme à pleines dents comme deux gamins lâchés dans un parc d’attraction. On se sent vite comme à la maison dans cette ville captivante et enivrante. Balades en vélo à Williamsburg, soirées dans les bars de nos amis frenchis, se perdre (surtout toi) dans le métro, à développer notre anglais en tentant de les éblouir avec notre bel accent américain. On continue nos escapades au centre de Manhattan et de Soho avec toutes ses odeurs de grillades, leurs hots dog à 1 dollar, les fameux taxis jaunes, les bruits de klaxons mais surtout de sirènes. New York tu nous séduis. Et nous, on se découvre, sans arrière-pensée, plein d’innocence.

Les jours passent. Mais ça nous paraît des semaines. On parle de la vie, de nos visions, de nos croyances, de notre foi, de nos convictions, de nos valeurs. A tes yeux, j’apparais comme un diamant brut et aux miens, tu apparais comme une perle rare.

Cette semaine et ces heures passées, collés ensemble, 24h/24h nous connectent, tout naturellement. On devient complices. D’ailleurs notre relation évolue à en devenir des vrais potes. On se confie, on se révèle et se dévoile de plus en plus, de jour en jour. On tourne au raisin, aux pistaches salées, aux œufs brouillés et aux verres de chardonnay. On balance des tips à tout va. New York nous ruine un peu, c’est vrai. Mais New York nous a accueillis les bras ouverts, et t’a reconnu.

Elle a reconnu ton talent et tes œuvres que j’ai pu admirer et contempler. J’ai d’ailleurs endossé le rôle « d’ assistante » lors de cette semaine mouvementée.  Puis , certains matins, on se retrouvait sur le toit du building, aux aurores, moi affalée dans le fauteuil, toi peignant ta toile sur un fond de Radiohead. Parce que oui, la playlist fut importante lors de notre séjour. « Playlist New York ». Voilà comment tu l’avais nommé sur ton Itunes. Tu nous l’a faite tourner en boucle à l’appartement, le matin, quand tu peignais ou la nuit tombée, lors de nos discussions tardives, avant de s’endormir côte à côte, sans entre- mêler nos corps.

Un soir, on se retrouve dans une énième soirée, en plein Buskwick. Un verre, puis deux, et des mélanges, un peu trop d’ailleurs…et bam… je vomis. Malgré mon mal de tête, je suis heureuse. Tu arrêtes le premier taxi qui passe. On rentre et me voilà la tête plongée dans la cuvette, toi me tenant les cheveux et me caressant le dos. Tu m’avoueras plus tard, que c’est à cet instant précis que notre relation purement  amicale devenait à tes yeux une relation amoureuse « en devenir ». Car oui nos échanges sur Facebook que tu avais débutés avant tout ça, cachaient ton envie  de m’épouser alors que moi je freinais, poussée par mon instinct de « protection ».

Ton mode « lover » était réactivé. Il nous restait 3 jours. But nothing happened. Toujours plus de complicité et d’attachement qui entraina même un petit déchirement au cœur à notre arrivée à l’aéroport, lorsque nos chemins se séparèrent. Toi, direction Paris, moi direction Colmar. On allait retrouver nos vies respectives. Tu étais prêt à m’attendre, mais je n’ai pas osé prendre la main que tu me tendais à cet instant.

Alors nous sommes rentrés ! Chacun chez soi. Nous avons retrouvé notre quotidien. On se donnait quelques nouvelles de temps en temps. Puis un jour tu m’écris m’informant de ton prochain départ pour New York et ce, pour trois semaines. Waouh. Tu me proposes de t’accompagner, mais malheureusement, complètement ruinée, je n’ai pas pu suivre la cadence.

Dans mon Alsace je me questionne, j’en parle à mes amies, à ma sœur, à ma famille. J’ai réalisé que tu me manquais. Mais j’avais du mal à mettre les mots et à comprendre pourquoi. Si c’était purement amical ou si ça reflétait quelque chose de nouveau pour moi : le sentiment amoureux. Parce que tu le savais bien, du haut de mes 21 ans, je n’avais connu aucun homme dans ma vie. (Si ce n’est mes nombreuses conquêtes de primaire, mais je ne suis pas sûre que ces dernières puissent figurer dans mon palmarès.)

Je me préservais, croyant au véritable amour et prônant l’écoute de soi, de ses envies et non pas de la société et des facteurs extérieurs te dictant quoi faire et quand le faire. J’ai voulu écouter mon instinct dès le départ. Et je n’ai pas regretté. J’en suis même fière.

Finalement, après ces 12 jours passés loin de toi, mes nombreux questionnements et rêves, j’ai écouté mon coeur, et j’ai pris ce fameux billet. Non pas pour New York, puisque fauchée, je l’étais toujours… mais pour Paris, afin de te rejoindre dans ton sentier, avant ton grand départ pour les Etats-Unis. Ça s’est fait sur un coup de tête… ou plutôt, sur un coup de coeur. J’ai voulu te tendre cette fameuse main à mon tour, te montrer que je serais là à ton retour.

Me voilà arrivée chez toi, la veille de ton vol.Tu me laisses ton appartement et surtout ton chat, sur lequel j’ai dû veiller en ton absence. Joey. Petit rouquin, blanc, marron ébène, au regard tendre et au contact câlin, vite devenu mon petit amoureux. (Tu me manques Jojo…)

Novembre 2016

Tu es de retour. Et nous voilà en couple. Il a suffit d’un baiser. Le premier.

Ce fut ce soir là, après un épisode de « Walking Dead », sur un fond (encore) de Radiohead : Present tense. Devenue dès cet instant notre chanson. (Puisque c’est 1 an et demi plus tard que tu demanderas ma main, devant toute ma famille, un 5 Mai 2018, avec toujours, cette même mélodie pour nous accompagner.)

Notre épopée parisienne débuta. Nous vivions au jour le jour, conscients de la chance que nous avions, remerciant Dieu pour l’histoire qu’il avait écrite pour nous, la nôtre. On bâtit vite nos rituels parisiens entre nans au fromage et raisins, films et conférences, débats et discussions. Nos sorties cinéma à l’UGC de Rivetoile, nos « vins rouge du moment » au café Montorgueil, nos amis, nos arts, nos voyages, notre Joey, notre premier noël en famille…

Ton nid était devenu mien en quelques jours, comme une évidence. Puis ici, nous avions construit nos envies, notre vie. Toi et moi étions devenus Nous. Puis l’envie d’échapper à cette frénésie, cette grisaille, cette foule, cette pollution, cette folie parisienne nous est venue après un an passé dans notre cabane.

Octobre 2017

On disait au revoir au Sentier pour aller rejoindre le Sud, ton sud. Le Sud dans lequel tu étais né et que tu m’as fait partagé. Aix en Provence. Bonjour le soleil, bonjour la nature, bonjour les calissons et le pastis.

Puis nous avons trouvé notre coin de paradis, au cœur de la forêt. Paisible et sauvage, diffusant l’odeur des pins chauds en été, et froids en hiver. A l’heure où je t’écris, 10 novembre 2019, la senteur exacte est un mélange de bois brûlé, d’air gelé et de terre mouillée. Parfum d’hiver garanti que j’inhale avec plaisir et qui me donne envie de cocooner et d’hiberner auprès de toi jusqu'au retour des hautes températures. Bref. Je m’égare.

Nous sommes tous les deux amoureux du soleil, de l’air pur et (véritablement) respirable. Nous sommes également tous les deux en pleine réflexion sur notre avenir et notre envie de fonder une famille. Nous sommes semblables à deux hippies modernes, en recherche de simplicité, de nature, souhaitant garder leur confort et leur liberté. C’est ainsi que nous débutions notre vie de jeunes nomades, entre Aix et Paris. Et le reste du monde.

Décembre 2017

L’amour, mon amour. Celui qui m’a fait devenir femme, celui qui m’a fait devenir mère.

Nous sommes le 5 Décembre 2017. Le jardin est enneigé. Ce qui est un phénomène plutôt rare dans la région. Tu nous as concocté ta fameuse soupe aux légumes de saison. Mais étrangement, l’odeur m’insupporte. J’ai 10 jours de retard, un odorat sur-développé et je dors, beaucoup, trop, tout le temps…

Construire à deux et former ce petit être qui est entré dans notre vie, ne pouvait se façonner que dans l’amour que nous avions l’un pour l’autre. Une envie commune dont nous parlions depuis longtemps mais qui restait future et lointaine tout de même. Finalement, le destin en avait décidé autrement. Ce fut troublant, puissant et tout de même déroutant pour moi, au départ. Après coup, ce fut juste beau.

Notre amour fut si conséquent et abondant, qu’il déborda et créa notre petite Noa. L’année 2018 s’enchaina vite, à travers nos voyages, nos rencontres et nos partages. Ma grossesse était belle à tes côtés.


Le 30 Juillet 2018

L’accouchement fut une seconde naissance pour toi et pour moi. Tu devenais père et moi, je devenais mère. Et Noa était là. Nous la rencontrions enfin. Plus belle que jamais et déjà tant aimée.  Cette expérience était forte et si puissante. Ça y est, nous étions devenus une famille.

Alors voilà, notre amour n’est pas passionnel. La passion nous brule à petit feu, elle nous consume. Elle engendre un déséquilibre psychologique et émotionnel, souvent destructeur. Notre amour, lui, est cohérent, heureux, souriant, assorti, accordé, enfantin, doux, lié, complice, notre amour est beau. Parfois il peut être affaibli, dur, froid, distant, fatigué. Parce que oui, comme tout bon couple, des bas, on en a eu. On arrive à remonter la pente assez rapidement mais par moment, cela reste un peu glissant. Alors on se cramponne du mieux qu’on peut. Souvent c’est l’un de nous qui arrive au sommet avant l’autre et qui l’aide à gravir les mètres restants. C’est d’ailleurs ça la solidité du couple, de notre couple. Avant tout, éviter ces chemins sinueux pour emprunter les plus lisses et les plus agréables.

Alors merci. Merci à toi. Toi qui m’aide à appuyer sur l’accélérateur quand je persiste à freiner. Toi qui trouves les bons mots quand les miens viennent à manquer. Toi qui me porte quand le poids sur mes épaules devient trop lourd. Toi qui me fait grandir quand j’ai tendance à me rapetisser. Toi qui me fait sourire quand mon moral me pousse à crier. Toi qui me laisse crier quand mon mental est trop encombré.

Puis désolée. Désolée d’être parfois trop impatiente, trop têtue, trop impulsive, trop exigeante, trop maladroite, trop en demande ou trop en recherche… Puis je te pardonne d’être quelques fois trop impatient, trop têtu, trop impulsif, trop exigeant, trop maladroit, trop en demande ou trop en recherche…

Des choses à écrire, sur nous, sur toi, j’en ai encore des tas. Parce que des hauts et des bas, on a traversé. Des aventures et des épreuves, on a vécu…Au final, je nous souhaite toujours plus d’amour et toujours moins d’emmerdes.

Bref, je t’aime.

(Image : Raphael Federici)